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LE MESSIE

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LE MESSIE

Message  MichèleM le Lun 19 Juin 2017, 7:28 am

Le Messie

BÉATRICE BAZIL, le 23/12/2011 à 16h04

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Depuis le roi David, les Juifs attendaient un messie royal libérateur d’Israël, qui apporterait justice et paix aux hommes. Jésus le Christ a assumé toute l’espérance juive en transformant radicalement, par sa mort et sa Résurrection, le sens de l’attente messianique. Explication.


Que signifie le mot messie ?


Le mot « messie », dérivé de l’adjectif hébreu « mashiah » ou araméen « meshiha », signifie « oint » (d’huile). Le mot Christ, transcrit du grec « christos », a exactement le même sens. L’huile est réputée tout pénétrer, même la pierre. Dans l’Ancien Testament, l’onction d’huile est le signe de la pénétration de l’Esprit du Seigneur investissant un personnage, le consacrant pour une mission.

Le rite s’applique par excellence au roi, « Oint du Seigneur ». Saül, David, Salomon et ceux de leurs descendants qui accèdent au pouvoir reçoivent cette onction. Même le roi perse Cyrus est appelé messie car il sert le dessein de Dieu sur le peuple élu (Is 45, 1).

Parmi les prophètes Élisée a été oint par Élie (1 R 19, 16) et chez Isaïe (Is 61, 1-2) c’est le Seigneur qui donne l’onction par son Esprit. Quant au Grand Prêtre, il ne recevra l’onction spéciale qu’après l’Exil à Babylone : en l’absence de roi, il devient alors chef de la communauté et assume certaines prérogatives royales.

Qu’espéraient les Juifs ?


La prophétie de Nathan au roi David a fixé l’espérance d’Israël sur la dynastie davidique : « C’est lui qui bâtira une Maison pour mon Nom et j’établirai à jamais son trône royal. Je serai pour lui un père et il sera pour moi un fils » (1). Chaque roi issu de la lignée de David est alors le messie par qui Dieu veut accomplir son dessein (2).

Mais au VIe siècle av. J.-C., la chute de Jérusalem, l’Exil à Babylone, la captivité du roi messie détenu par les païens plongent les Juifs dans le désarroi et les forcent à changer de regard. Malgré les espoirs de restauration suscités un temps par Zorobabel, descendant de David, le peuple juif n’aura plus de messie royal à sa tête.

Entre-temps les prophètes, critiquant les infidélités de certains rois, avaient commencé à réorienter l’espérance d’Israël vers un Roi futur. C’est à partir de leurs promesses que le « messianisme royal » se développe après l’Exil. Les psaumes royaux sont réinterprétés pour chanter non plus l’Oint présent, mais l’Oint futur, sa gloire à venir, ses luttes, ses victoires…

On relit le chapitre 11 d’Isaïe, la prophétie sur la « souche de Jessé » (père de David), qui annonce l’avènement idyllique d’un descendant de David sur qui reposera l’Esprit du Seigneur, et dont la venue s’accompagnera d’une harmonie universelle, à jamais établie. Israël attend désormais les « temps messianiques ».

Comment s’exprime l’attente messianique à l’époque du Nouveau Testament ?


Au premier siècle av. J.-C., l’attente d’un Messie (devenu un nom propre), descendant de David, est très vive chez les Juifs. Mais elle revêt des formes très diverses. La plupart du temps, le Messie attendu est placé sur le même plan que les anciens rois d’Israël. Son rôle est conçu sous un angle au moins autant politique que religieux. Les Juifs espèrent une restauration temporelle et la libération de l’occupant romain, installé depuis 63 avant J.-C.

L’espérance est aussi géographique : au temps du Messie, les Israélites dispersés dans le monde devraient être réunis dans leur pays et Jérusalem rassembler les nations (Za 14, 1-9). Dans les cercles esséniens (Qumrân), marqués par l’influence des prêtres, on attend la venue de deux Messies : un Messie prêtre, le plus important, et un Messie roi, chargé des tâches temporelles.

L’eschatologie juive (annonce des temps derniers) fait aussi la part belle à la venue du Royaume de Dieu. Elle évoque un personnage attendu sous les traits tantôt du Serviteur de Yahweh (serviteur souffrant d’Isaïe), tantôt du Fils de l’Homme venu sur les nuées du ciel (Dn 7, 13)… L’attente du Messie est donc multiforme à l’époque de Jésus.

En quoi Jésus est-il le Messie ?


Bouleversés par les premiers actes de la vie publique de Jésus, ses disciples et même les foules s’interrogent : n’est-ce pas le Messie ? N’est-il pas le Fils de David ? Jésus se laisse appeler Fils de David, mais ne se donne pas à lui-même le titre de Messie. Il ne le refuse pas mais il interdit plusieurs fois à ses interlocuteurs de le citer.

Dès le récit de son baptême, il est dit que l’Esprit Saint descend sur lui et qu’une voix céleste le nomme « Fils bien aimé », ce qui pour des oreilles juives signifie son intronisation messianique. L’onction de l’Esprit est mentionnée à la synagogue de Nazareth (Lc 4, 16-21) où Jésus lit et s’approprie la prophétie d’Isaïe sur la bonne nouvelle annoncée aux pauvres (Is 61). De la crèche au crucifiement, Isaïe, mais aussi Jérémie, Michée, Zacharie, Malachie sont cités par les évangélistes pour attester que Jésus réalise les Écritures et inaugure le Règne de Dieu promis par les prophètes.

Ses disciples, notamment Pierre, le reconnaissent ouvertement comme le Messie (Mc 8, 29). Avec l’entrée triomphale à Jérusalem le jour des Palmes, puis les discours dans le Temple, l’identité messianique de Jésus ne fait plus de doute. Il la reconnaît devant le grand prêtre et sa confession de « Fils de l’Homme siégeant à la droite du Tout Puissant » entraînera sa condamnation (Mc 14, 62).

Comment a-t-il transformé l’attente messianique ?


Si Jésus est bien pour les chrétiens le Messie annoncé par les prophètes, il a largement purifié la conception messianique de ses disciples. Ceci explique son attitude réservée, au début de sa vie publique, à l’égard des titres de Messie et de Roi que voulaient lui attribuer les foules.

Jésus inaugure un concept nouveau de Royaume, à l’opposé des royautés temporelles : « Mon royaume n’est pas de ce monde » répond-il à Pilate au cours de son procès (Jn 18, 36-37). « Jésus, par son annonce et, avec tout ce qu’il a accompli, avait inauguré un règne non politique du Messie (…). Mais cette séparation entre politique et foi, entre peuple de Dieu et politique, appartenant à l’essence de son message, n’était possible, en définitive, qu’à travers la croix. C’est seulement à travers la perte vraiment absolue de tout pouvoir extérieur, à travers le dépouillement radical de la croix (…) qu’apparaît la nouvelle manière par laquelle Dieu domine dans le monde », écrit Benoît XVI (3).

Le destin du Messie rejoint celui du Serviteur souffrant d’Isaïe, le Fils de l’Homme n’entre dans sa gloire que par le sacrifice de sa vie. Un monde nouveau commence dans lequel humiliation et exaltation s’entremêlent. « Tout au long de l’histoire les hommes regardent le visage déformé de Jésus et reconnaissent précisément en lui la gloire de Dieu.»

(1) La prophétie de Nathan (2 S 7, 9-16) sera lue le 24 décembre à la messe du jour.

(2) cf. le Vocabulaire de Théologie Biblique, article « Messie », Éd. du Cerf.

(3) Benoît XVI, Jésus de Nazareth 2e partie, Éd. du Rocher 2011.

BÉATRICE BAZIL


 
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